« Faire entendre et circuler les textes de théâtre actuels. » Le Taps fête la vingtième édition des Actuelles avec pour mission de mettre en scène (et en musique) des auteurs contemporains. Dans ce pari difficile, il est épaulé par les élèves en Scénographie et, depuis cette année, par l’atelier de Communication graphique qui a réalisé une affiche pour chacune des cinq soirées programmées.

Si les Actuelles fêtent leur vingtième édition, le partenariat avec la HEAR a débuté en 2010 dans le but de penser un écrin à une série de lectures de textes d’aujourd’hui sélectionnés par les artistes associés, Aude Kœgler et Yann Siptrott cette saison. Il s’agit d’une belle opportunité : les élèves en première et seconde année de Scénographie peuvent se frotter à de véritables cadres de production et imaginer « des dispositifs spatiaux, en lien avec des équipes techniques ou artistiques et tenant compte d’un public », selon François Duconseille. Le co-coordinateur de l’atelier Scénographie à la HEAR (avec Jean-Christophe Lanquetin), à l’affût de « possibilités d’ancrage de [nos] pédagogies dans le réel », s’est réjoui de la proposition du théâtre strasbourgeois venant notamment compléter les stages techniques au TJP, à Pôle Sud ou au Maillon. Avec un budget serré, les étudiants doivent inventer des structures scéniques et des manières de placer le public au Taps-gare – assis dos à dos, séparé en deux par un lourd rideau pourpre – en fonction de la teneur du récit.

Jeu de lumière sur un dancefloor vide face aux spectateurs parmi lesquels des comédiens disent un texte où il est question d’une boîte de nuit minable située au bord d’une autoroute. Public posé sur une architecture de praticables de salles de sport pour évoquer la cour d’un collège où se situe l’action… Avec une mise en scène parfois minimaliste, proche de l’installation plastique, les élèves parviennent à de véritables tours de force, magnifiant les mots (d’Olivier Sylvestre ou de Michel Simonot cette année), accompagnés des notes de formations musicales conviées par les artistes associés. Encadrés par l’équipe du Taps et les enseignants, les élèves de la HEAR sont confrontés à un planning de travail et à des contraintes réelles, “à l’échelle 1”, notamment celles dictées par Denis Rondel, directeur technique du théâtre et “cheville ouvrière du projet”, pour François Duconseille.

Enrichissement mutuel

Pour cette vingtième édition, une première collaboration avec l’atelier de Communication graphique a été initiée. Un groupe de trois étudiantes a créé des affiches pour chacune des soirées ; elles seront déclinées pour les programmes de salle et des marques-pages. Jérôme Saint-Loubert Bié, enseignant ravi de cette proposition entrant dans le cadre des exercices du “Principe de réalité”, a suivi les étudiantes dans leur réflexion. Celles-ci ont planché sur deux pistes présentées au Taps : deux concepts concernant l’ensemble des cinq visuels « afin de constituer un tout cohérent », non pas des affiches esthétiquement isolées, même si les élèves ont interprété graphiquement chaque texte, après une première étape obligée, la lecture. Au cours du process, les étudiantes ont été invitées à exposer leurs réflexions à toute la classe, pour renforcer le travail collectif, « essentiel dans la vision pédagogique de l’école », souligne Jérôme Saint-Loubert Bié. Le concept retenu laisse une place prépondérante à la typographie s’exprimant pleinement sur des affiches d’une belle sobriété : plein feu sur les lettres et les mots ! Julie Schertzer du Taps, qui a suivi la création de près, d’un œil bienveillant et satisfait, évoque « un enrichissement mutuel » à propos de cette première expérience concluante : « À partir de notre brief, nos contraintes de fabrication et suite à nos échanges, elles nous ont livré des éléments visuels pour chaque soirée de cette édition anniversaire, avec ce parti-pris de traiter les cinq affiches comme un ensemble de créations. Impliquées, enthousiastes et très réactives, en lien avec leurs professeurs, elles ont tenu des délais assez courts. » Notre cinquième sens nous dit que la HEAR sera encore sollicitée en 2019 et que le théâtre d’aujourd’hui s’écrira une nouvelle fois avec les ateliers Scéno et Communication graphique…

Emmanuel Dosda

Visuels: Marie Damageux, Margaux Montfort et Yi Chin Lai – Atelier de communication graphique de la HEAR

(mis en ligne le 09. 03. 2018)


Vingtième édition des Actuelles, au Taps-gare, du 20 au 24 mars à 20h30
www.taps.strasbourg.eu

Durant les Actuelles, dans le hall du Taps-gare, trois élèves de Scénographie rendent compte, via textes et photos, d’une résidence à Conakry en Guinée lors du festival Univers des mots