Master composition et interprétation musicale, 2017

Née en 1993 à Strasbourg (France)
clara.olivares.bodaine@gmail.com
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FR  Tout d’abord, le bon crayon. Très gras, non gras, épais ou fin. L’attention au grain du papier, à sa rigidité, à sa couleur blanche immaculée ou à son aspect jaunissant et sec. La longue règle que l’on place avec soin pour effectuer un tracé, puis d’autres, droits, précis, nets, comme gravés à la lame d’un couteau. La gomme, un peu bombée, impeccablement neuve et vierge de toute rature, colorée et égayante ou sobre pour annuler toute distraction. Le plus beau, enfin : le stylo à encre noire, duquel on se saisit pour se débarrasser du doute, lâcher sa gomme, ses angoisses et se jeter dans le témoignage de notre écoute intérieure. On trace, on décide, détruisant ainsi d’infinies possibilités de gestes, en imaginant d’autres. Ces outils nous accompagnent dans notre folie rigoureuse. Ils sont un délicieux fétichisme inhérent à l’acte de composer. Ils sont le lien entre l’oreille et la trace.

EN  First, the right pencil. Very fat, not fat, thick or fine. Attention to paper grain, stiffness, immaculate white or yellowing and dry in appearance. The long ruler carefully placed for the execution of the act, then others, straight, as if engraved with the blade of a knife. The eraser, a little rounded, impeccable, new and free from any marks, colourful and bright or else plain to prevent distraction. Finally, the most beautiful element: the pen with black ink, which you hold to banish doubt, to let go of anguish and bear witness to our inner ear. You make marks, you decide, thereby destroying the infinite possibilities of gestures, imagining others. These tools accompany us in our rigorous madness. They are a delicious fetishism inherent in the act of composing. They are the link between the ear and the trace.