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Olivier Deloignon
Equipe enseignante

Olivier Deloignon est docteur en histoire de la typographie et de l’art et chercheur associé à l’EA 3400 Arche de l’UdS.

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Olivier Deloignon est professeur d’histoire visuelle à la Haute école des arts du Rhin, enseignant-chercheur et chargé de cours à l’Université de Strasbourg. Il est Directeur du laboratoire De Traits et d’esprit, formes, fonctions et histoires de l’illustration imprimée. Il est également commissaire d’exposition indépendant et graphiste éditorial.
Ses recherches concernent l’histoire de la typographie, du livre et de ses pratiques, de la gravure, de l’illustration livresque, de la propagande imprimée à l’époque moderne et contemporaine.

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Année 3
– Miroir, mon beau miroir
A contrario de l’opinion générale qui suppose que les images numériques seraient possiblement plus manipulées et donc davantage « manipulantes » que les images plus anciennes, il s’agit, à la manière des Visual Studies, de développer
par l’exemple le lien organique qui unit toute image (fixe ou mobile) à une forme de réalité. À l’écart de toute tradition disciplinaire exclusive, le cours souhaite interroger l’histoire et la culture visuelle contemporaine tout en fournissant des
éléments clés de lecture et de compréhension du monde des images modernes et contemporaines. Il s’agit, par l’observation et le commentaire de générer de nouvelles compétences en analyse, histoire et théorie de l’iconographie puis d’acquérir une indépendance méthodologique directement applicable dans le processus de création personnel.

– Le jardin aux sentiers qui bifurquent
Dans El Jardin de Senderos Que Se Bifurcan Borges propose un récit qui a tout les attributs d?un thriller. Pourtant, même si l’auteur décline le canevas d’une ?uvre policière y compris le dénouement surprise, par son jeu labyrinthique et spéculaire il expérimente l’essence même de ce que peut être le dilemme créatif. Cette figure métaphorique du jardin traduit, en effet, pleinement les interrogations sur le caractère fictionnel ou non fictionnel de toute création graphique. Par une approche interdisciplinaire il s’agit pour nous de définir la finalité de la représentation mais aussi d’interroger la conception même de narration, de séquentialité, le statut du récit (fictionnel ou non fictionnel) au moment où se définissent les poncifs contemporains.

– Épitomé
L’examen de DNAP consiste en une présentation orale de ses travaux plastiques. Les candidats n’ont pas toujours conscience du déroulement de l’épreuve et des enjeux de l’exercice (tant les aspects expographiques que l’importance du discours critique). Les présentations peuvent alors souffrir d’impréparation ou d’erreurs qui pourraient être facilement évitées. Le cours a pour vocation de travailler avec les étudiants sur la manière de préparer cet examen dans les meilleures conditions possible afin que l’exercice reflète au mieux le message qu’ils cherchent à communiquer à leur jury. C’est aussi une introduction à la question cruciale du mémoire de Master. Sous forme de rendez-vous consacrés à une question singulière, l’enseignement cherche à éclairer les questions liées à l’examen en poussant les étudiants à effectuer une récapitulation. À partir de ce matériau, ils configurent leur problématique de mémoire et peuvent alors débuter, après validation, leurs recherches.

Année 4
– De l’information à la connaissance
Le terme didactique apparaît en langue française en 1554. Dans sa forme nominale au féminin, le terme désigne soit l’activité d’enseignement elle-même (art d’enseigner), soit les démarches d’analyse portant sur la transmission d’un
savoir. L’objet de la didactique visuelle consiste précisément à concevoir et mettre en œuvre des contenus et des manières de transmettre des connaissances qui soient adaptés au niveau des apprenants. Ce cours aborde l’analyse des processus d’enseignement et d’apprentissage à l’œuvre dans les situations éducatives à partir d’ouvrages anciens. Il permet d’étudier la manière dont on a envisage de transmettre un savoir dans l’histoire de la discipline. Le séminaire explore les manières dont historiquement les grands enjeux de la didactique visuelle ont été résolus. Le séminaire est inscrit dans le cadre de l’axe de recherche Didactique tangible.

– Penser en lignes
L’écrit est un élément fondamental de la transmission des idées, des connaissances et un formidable outil de construction et de diffusion de l’imaginaire tant graphique qu’intellectuel. L’éclairage des diverses pratiques liées à la mise en œuvre d’une raison mise par images et par écrit permet d’éclairer l’importance qu’il faut accorder à une pensée se déroulant en lignes et en pages. Le séminaire a pour principale finalité de sensibiliser les étudiants aux variations qui affectent la recherche en train de se faire, et dont ils sont pour l’occasion partie prenante, tout en développant par l’expérimentation écrite et graphique, destinée à leur mémoire les aspects liés aux espaces de réception.

– Anamnèses
L’objectif du séminaire est d’encadrer et de diriger les étudiants lors de leur phase de recherches pour la rédaction du mémoire de DNSEP. L’enseignement est fondé sur des rendez-vous individuels et éventuellement des séminaires de travail en groupes restreints. Le séminaire permet d’assister l’étudiant dans la phase de construction et d’ordonnancement de son savoir et de production de son mémoire. Les rendez-vous se prennent via la plateforme dédiée.

Année 5
– Publiez, publiez, il en restera toujours quelque chose !
L’objectif est d’encadrer et de diriger les étudiants lors de la dernière phase de production écrite. L’enseignement débuté dans le séminaire Penser en lignes trouve son achèvement dans la production d’un mémoire de M2. Il consiste en un accompagnement sur les différents impératifs nécessaires à la production d’une édition imprimée (orthotypographie, bibliographie, pertinence des recherches, actualité des savoirs, écriture…) Il est également fondé sur des rendez-vous individuels réguliers. Enfin, il prend en compte la soutenance orale en préparant les apprenants à cet exercice singulier. Le séminaire permet d’assister l’étudiant dans la phase de restitution écrite et orale de son savoir. Les rendez-vous se font en se connectant à la plateforme dédiée.

Pour une définition de la
« Didactique visuelle »

Comment définir la didactique visuelle ? Le mot didactique vient du grec ancien  [διδακτικο ́ς] didaktikόs (« doué pour l’enseignement »). Le terme est formé à partir du radical [διδακτ-] didakt- dérivé du verbe [διδα ́σκιν] didáschein (« enseigner », « instruire »). L’occurrence apparaît en français en 1554 comme synonyme d’enseignement. Pour Furetière (1690), la didactique sert également à expliquer la nature des choses. Dans L’Encyclopédie (1751) on précise que c’est surtout une manière de s’exprimer (littéraire ou orale), un style dans l’acception rhétorique ; tandis que le Manuel lexique (1788), souligne que la didactique se caractérise par sa capacité à transmettre, à instruire. C’ est donc un mode d’expression destiné à exposer méthodiquement, objectivement et systématiquement les principes et les lois d’une science, les règles et les préceptes d’un art, les structures d’une culture ou encore des savoirs… par l’intermédiaire d’un langage approprié.
C’est là qu’intervient la seconde perspective de l’atelier : l’expression visuelle. Il ne s’agit dès lors plus de se cantonner à partager, avec éloquence, un propos savant mais à l’aide de représentations, de dépasser le simple message instructif pour exacerber la dimension cognitive du langage graphique. L’affaire n’est pas mince puisque par essence l’image ne peut se réduire complètement à la transcription de la réalité objective, elle est surplus ou manque quant à la matérialité qu’elle enregistre. Or là il s’agit de rendre visible. C’est pour cela que la didactique visuelle s’emploie à réduire l’indétermination de la représentation (c’est-à-dire le retard ou l’avance que l’image a sur le réel). La dimension fictionnelle, même si elle peut être très présente, n’est alors pas nécessairement une finalité. Les artifices stylistiques, qui sont source d’indéterminations, sont eux aussi souvent en retrait. Car c’est la détermination du message et la pertinence de sa mise en œuvre qui priment.
C’est ainsi que le/la didacticien(ne) va, après une analyse fine du contexte, produire un dispositif visant à exposer, à révéler mais surtout à faire comprendre une ou des formes de la réalité. Enfin, parce que quand il est adjectivé, le mot didactique réfère à ce qui est instructif, explicatif, pédagogique (ouvrage didactique, poème didactique…), le propos graphique et plastique du didacticien se conçoit en fonction d’un horizon de réception spécifique (c’est-à-dire des spectateurs, des lecteurs…) avec lequel il doit entrer en adéquation. Le dispositif didactique se caractérise ainsi par le rôle central du propos à transmettre, par la prépondérance de sa mise en forme plastique et par ses nécessaires dimensions épistémologiques et pédagogiques. La didactique visuelle consiste donc à rendre visible, à transcrire objectivement, à transmettre profitablement, de manière détachée et par des procédés graphiques appropriés, des contenus à vocation pédagogique, documentaire, culturelle ou scientifique à l’attention d’un public déterminé. Voilà qui pourrait constituer une tentative de définition de la didactique visuelle.