Strasbourg, La Chaufferie
Huguette Tolinga, Androa Mindre Kolo & Arno Luzamba, proposent des performances et des concerts dans le cadre de la prolongation de l’exposition To Dig (or To Die) de Sammy Baloji à La Chaufferie.
Androa Mindre Kolo est artiste plasticien et performer congolais (RDC). Né en 1983 à Aru (région des grands lacs), il grandit à Kinshasa et vit aujourd’hui à Strasbourg. Diplômé de la HEAR (Scénographie, 2008) et de l’Académie des Beaux Arts de Kinshasa, sa pratique se développe entre performances, installations, collages et dessins dans une grande acuité aux questions d’actualité, aux contextes, et à la situation faite aux populations du continent africain, notamment dans leur relation à “mikili” (le monde en lingala). AMK est un « mikiliste » (celui qui a vu le monde, celui qui a voyagé) engagé. Pour les kinois, c’est un vrai mikiliste : il vient de Bandal, un quartier de Kin connu pour sa jeunesse rêvant littéralement de foutre le camp si d’aventure une opportunité de voyager se profile. Cet imaginaire singulier s’exprime de multiples manières, notamment via la musique et la sape. Une grande part du travail d’artiste d’AMK est traversé par cet enjeu. Ses performances sont souvent proches de l’Afro-futurisme.
Huguette Tolinga est née en 1988 à Boende dans ce qui était alors la province de l’Équateur. Elle fait des études de couture à Boende, mais pratique les percussions en autodidacte, une pratique qui est traditionnellement plutôt le fait d’hommes. Elle chante également. Elle commence à se produire dans des événements en public dès son adolescence, au début du xxie siècle, au sein de diverses formations, puis sur des scènes de plus en plus professionnelles, à Kinshasa, et sur diverses scènes africaines et européennes. En 2010, elle crée son propre groupe, appelé Huguembo[. Elle anime aussi une formation musicale intitulée également Huguembo[, et se produit en 2016 au Festival international de percussions de Kinshasa. Elle joue des percussions qu’elle associe au chant, ainsi qu’à des instruments traditionnels et modernes, et à quelques pas de danses. En 2020, elle fonde elle-même un festival, le Jam Boum festival, comprenant des d’ateliers de musique, chant, peinture, danse et théâtre réservés aux femmes et animé par des femmes. Elle tient aussi à sensibiliser son public à la question de la parité et de l’égalité femmes-hommes.
Arno Luzamba est né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, en 1985. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et de la HEAR (Art, 2015), il vit et travaille à Strasbourg. Son travail s’inscrit dans une démarche artistique transculturelle et pluridisciplinaire. Il explore des thèmes variés tels que L’écologie, l’identité, l’histoire, la mémoire, l’espace et le temps. Ses œuvres s’inspirent d’archives, d’objets et d’œuvres muséales, de la nature ainsi que de l’actualité internationale. Il crée des récits à travers le dessin, la peinture, l’installation et la performance, où l’image et le texte convergent dans une expression allégorique.
Les faits historiques et contemporains s’y traduisent par un langage poétique, où les visuels reflètent les liens multiples qui, entre passé et présent, définissent les sociétés humaines. En réunissant symboles et images mentales dans une expression picturale singulière, les œuvres d’Arno Luzamba Bompere déconstruisent l’Histoire en tant qu’écriture univoque. Retranscrivant la mémoire en tant que vécu intime et partagé, l’encre et l’aquarelle confluent dans une transcription évocatrice du réel, où l’image se fait plus évocation que représentation.
Il a participé à plusieurs événements artistiques, résidences de création, expositions collectives et solo. Il a présenté ses œuvres à la Biennale Yango de Kinshasa en 2015, au Palais des Beaux-Arts (Bozar) à Bruxelles, ainsi qu’à la Galerie Backslash (Paris) en 2024 et en 2025. Ses œuvres ont été exposées au Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren (Belgique) et au Bocs Art Museum à Cosenza (Italie). Elles figurent également dans la collection permanente de la Fondation Montresso à Marrakech.
L'exposition To Dig (or To Die)– Dimanche 28 juin de 15h à 17h
La Chaufferie, galerie de la HEAR
5 rue de la Manufacture des Tabacs — Strasbourg
Entrée libre