Strasbourg, Le Shadok - Festival du Rhin, des fleuves et des rivières

… Comment le design s’empare-t-il des pensées biorégionales. Initiée par le master Design réhabitant, cette rencontre vise à créer un espace pour tisser des liens, inventer des coopérations, faire exister des archipels plutôt que des forteresses. Dans le cadre du Festival du Rhin, des fleuves et des rivières.

« Quelque chose est en train de se passer en Alsace… »
« Le phénomène est difficile à qualifier ou à quantifier, mais la chose est claire : un peu partout se déploient des communautés de gens qui tentent de nouvelles manières de vivre sur et avec la Terre. Nous appelons ce phénomène réhabitation, un processus qui implique d’apprendre à « vivre in situ ». Tels sont les mots écrits en 1978 par les auteurs·rices phares d’un mouvement qu’ils·elles qualifieront de biorégionaliste.

Ce phénomène de réhabitation se produit aujourd’hui ici autour de nous, il s’y invente à l’échelle locale des modes collectifs de production, de déplacement, de soin à l’environnement… au plus près de l’endroit on l’on habite. Rien de mieux donc, que de rencontrer celles et ceux qui expérimentent par l’action sur leur territoire et d’échanger avec elles·eux sur leurs projets, qualifiés ou non de biorégionaux.
Nous profiterons de la matinée afin de circonscrire la pensée biorégionale et d’affirmer le rôle central du citoyen dans cette nouvelle manière d’être en lien avec le territoire. La notion de « vivre in situ », nous invite à relier toutes les composantes et formes de vie, comme nous le précise Agnès Sinaï, dans son livre « Réhabiter le monde ». Un véritable pouvoir d’agir local est alors à l’œuvre, lorsque des initiatives de designers croisent des lieux de « réhabitation ».
Nous éplucherons les notions se rattachant au soin, à l’environnemental, au bio-design, à la régénération… afin de définir les contours et les chevauchements d’une pratique de design qui intègre tout ou partie de la démarche biorégionale.

Les débats s’appuieront sur un outil de cartographie à compléter et sur une carte mentale listant les enjeux biorégionaux. Il s’agira de voir comment ils s’implémentent dans le bassin versant du Rhin. Ces outils-fresque faciliteront les réflexions partagées des différents acteurs rencontrés tout au long des trois futures années, aux bords du Rhin, en amont comme en aval. Imaginons ensemble une pensée réhabitante et biorégionale comme un outil concret pour engager des manières de faire depuis là où on est en faveur de l’habitabilité de la Terre et du soin du vivant.

Puissent ces élans collectifs continuer à nourrir l’imaginaire, le partage et l’envie de faire de part et d’autre du Rhin.

Programme

9h – 9h45
Accueil présentation, introduction à la matinée

9h45 – 11h 45
Temps d’ateliers accompagnés par Stephen Wright, artiste, chercheur théoricien et Tamarind Rossetti, artiste

• ATELIER A : L’échelle géographique définit-elle une biorégion ?

La Vigotte LAB, la vallée apprenante, Juliette Focki. Le hameau et sa vallée accueillent des activités de recherche et d’expérimentation dans un esprit de sciences ouvertes et citoyennes.

Haute vallée de la Bruche : Augustin Holveck. Les habitants ont porté une politique d’ouverture paysagère avec déboisement et mise en clôtures permettant l’installation d’agriculteurs locaux, développant la qualité agroéconomique des sols. Le territoire a été élu Capitale mondiale de la biodiversité pour cette action d’ouverture des paysages.

Chez Stella, Teophil Lemaitre, Lisa Mercier. Située sur l’île Stella, l’association Chez Stella partage le désir de créer un espace vivant d’initiatives et de coopérations, où la poésie et l’expérimentation deviennent des manières d’habiter et de relier.

Horizome, Grégoire Zabé. Horizome cultive au quotidien un projet associatif, social, artistique, culturel, environnemental et engagé ancré sur le territoire de Hautepierre.


• ATELIER B : Les ressources définissent-elles une biorégion ?

Groupe biorégion de Strasbourg, Antoine Colin. Le groupe local biorégion Strasbourg se saisit de la perspective biorégionale pour soutenir et développer des engagements locaux qui répondent aux enjeux de viabilité et d’habitabilité de nos milieux de vie. Antoine présentera le projet C.L.I.M.A.T., Innovation pour une Meilleure Agriculture Territoriale.

Exploratorium, Marion Roullet. Comment réintégrer les matières utilisées dans les cycles du Vivant ? À partir d’expérimentations de techniques de mise en forme de matériaux biosourcés et biodégradables, Atelier CirculR explore les trajectoires socio-techniques possibles pour faire advenir des changements sociétaux profonds.

Zones habitables, Perrine Marx. Zones habitables propose une pédagogie au grand public afin de questionner l’impact des activités humaines sur la Système Terre. L’atelier vise à devenir un laboratoire contributif permanent à l’échelle locale pour engager nos sociétés vers des bifurcations viables en termes d’habitabilité terrestre.

PAR Enchantement, projet Refaire du commun, Pascal Wiss. Association de quartier à Koenigshoffen-Est, qui propose des activités et des ressources (jardin partagé, accompagnement formations…).

• ATELIER C : Les débats d’autonomie définissent-ils une biorégion ?

Les poires secouées, Elsa Martin. Situé dans le quartier de l’Elsau, ce verger en permaculture est un lieu de vie. Chaque arbre, chaque plante est soignée avec attention pour offrir un espace accueillant et riche en découvertes.

La ferme du Hohberg, Lisa Laurent. Les Cols Verts Strasbourg utilise l’agriculture urbaine pour accompagner la transition alimentaire et agricole du territoire, tout en participant à la lutte contre le changement climatique, la précarité et le déclin de la biodiversité.

Les planteurs cueilleurs, Simon Le Mellec. Les planteurs cueilleurs plantent une forêt nourricière qui s’inspire de l’écosystème des forêts naturelles et tropicales où la végétation se développe sur plusieurs strates.

11h45 – 12h30
Restitution des ateliers

14h – 17h 
Débat sur la médiation

La démarche biorégionaliste préconise la médiation. En fonction du type du public la médiation ne prend pas les mêmes formes. Historiquement, les fondateurices du mouvement en assurait également la transmission et la vulgarisation. Aujourd’hui, à une autre époque et dans une géographie différente, quelles sont des formes pédagogiques au sein des établissement d’enseignement et au-delà ? Artistes, architectes, designers, chercheureuses, les participant·es de cette session interviennent en tant qu’enseignant·es et en tant que professionel·les à des échelles et dans des contextes variés. Au cours de l’après-midi, iels présenteront les spécificités de leurs approches pédagogiques – dans le sens académique, mais aussi dans celui de la sensibilisation des parties prenantes extérieures au contexte d’enseignement et de la recherche – et parleront des outils, des méthodes, des contextes, des processus et des formes qui en résultent.

Le programme du Festival du Rhin, des fleuves et des rivières

– Vendredi 20 mars 2026 de 9h à 17h
Shadock, 25 presqu’ile André Malraux à Strasbourg
Entrée libre