Dijon, Maison des Sciences de l'Homme

Le textile, longtemps relégué aux marges de l’histoire de l’art, s’impose aujourd’hui comme un médium central des pratiques contemporaines. Entre héritage des savoir-faire et expérimentations plastiques, il devient un espace de tension où s’articulent mémoire, politique et subversion. Cette journée d’étude propose d’explorer les multiples formes de résistance que le textile incarne, du geste intime aux luttes collectives.

À rebours des hiérarchies qui ont longtemps minoré ses formes et ses gestes, le textile s’affirme comme un terrain de résistance active. Résistance d’abord matérielle, dans le choix de pratiques lentes, réparatrices ou recyclées, qui s’opposent aux logiques extractives et productivistes. Résistance politique, lorsque fils, tissus et motifs deviennent les supports d’histoires marginalisées, de luttes invisibilisées ou de mémoires blessées. Résistance symbolique enfin, dans la réappropriation de techniques associées au féminin, détournées pour interroger les normes de genre et les récits dominants.

Par sa capacité à relier le geste individuel au collectif, l’intime au politique, le textile tisse des formes de contestation discrètes mais persistantes. Il ne se contente pas d’habiter l’espace de l’art : il le transforme, en y introduisant d’autres temporalités, d’autres récits, d’autres manières d’être au monde.

Programme :

  • 8h45 — Accueil des participants

  • 9h30 – Karine Montabord (Docteure en Histoire de l’art. ATER en Histoire de l’art contemporain à l’université de Strasbourg) :
    Textiles d’avant-garde et abstraction. Sonia Delaunay-Terk, Sophie Taeuber-Arp, Anni Albers

  • 10h – Augustin de Butler (Chercheur indépendant) :
    Anne-Marie Milliot. Papiers armés

  • 10h30 – Lucile Encrevé (Professeure à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, Paris) :
    Le textile comme outil de subversion et d’interrogation de l’histoire de l’art. Une approche féministe

  • 11h – Pause

  • 11h20 – Géraldine Chouard-Véron (Professeure à l’université Paris-Dauphine, chercheuse à ECHELLES à l’université Paris Cité) :
    Points de résistance : Patchwork et protestation aux États-Unis

  • 11h50 – Christelle Sérée-Chaussinand (Maîtresse de conférences à l’université de Bourgogne-Europe/Dijon) :
    Couture et suture autour de la figure de Marie-Madeleine. « The Map » d’Alice Maher et Rachel Fallon

  • 14h – Ashley Coyne (Doctorante en Littérature anglophone à l’université d’Orléans) :
    Tisser sa toile de résistance : les text(il)es des artistes jamaïcaines Ebony G. Patterson et Erna Brodber

  • 14h30 – Ariane Serck (Doctorante à l’EHESS/INHA, Paris) :
    Le fil contre les formes : pratiques textiles et sociabilités féminines chez les artistes suédoises autour de 1900

  • 15h – Isaline Audebert-Nouri (Doctorante à l’université de Rouen et à l’École du Louvre) :
    Textiles en héritage : Les bannières du XIXe siècle à l’épreuve du regard contemporain

  • 15h30 – Isabelle Marinone (Maîtresse de conférences à l’université Bourgogne Europe) :
    Textile et film : Tentative de filature analytique autour de deux engrenages résistants

  • 16h – Alice Bidault (Artiste plasticienne, perma-api-cultrice, tisserande) :
    Entretien avec Valérie Dupont

Cette journée d’étude est ouverte à tout public, accessible sur place et en visioconférence via ce lien : se connecter à la visioconférence
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– Vendredi 24 avril 2026
Forum des savoirs de la Maison des sciences Sociales et des Humanités
6, esplanade Erasme à Dijon
Entrée libre, sur place et en visioconférence