Diplômée en 2024 d’un DNSEP/master Didactique visuelle, Ethel Serer navigue entre image animée, illustration et dispositifs immersifs. Elle revient sur son parcours à l’école, ses projets et son actualité.

Formée d’abord au design graphique, Ethel Serer construit aujourd’hui une pratique à la croisée de la pédagogie, de la création visuelle et de l’interactivité, où l’image est un outil de médiation comme un terrain d’expérimentation.
Après un bac STD2A obtenu en 2018, elle entame son parcours à l’école Estienne, où elle décroche en 2020 un BTS de design graphique numérique. Attirée par le mouvement et le récit visuel, elle poursuit avec une troisième année de bachelor en motion design aux Gobelins à Paris. À l’issue de cette formation très axée sur le numérique, elle décide de donner une portée plus pédagogique, scientifique et culturelle à ses compétences et d’intégrer la HEAR, au sein de l’atelier Didactique visuelle.

Des projets marquants

Là, elle découvre un champ d’expression élargi à travers l’expérimentation et la confrontation à des contextes réels. « Mes années à l’école m’ont permis d’étendre mon champ d’expression, grâce à l’utilisation de médiums très variés selon les projets », explique-t-elle. L’atelier de Didactique visuelle lui permet notamment de renforcer sa pratique de l’illustration, en particulier grâce aux cours de modèle vivant, tout en développant une attention précise aux enjeux de médiation et d’accessibilité.

Parmi les projets marquants de son cursus, Grandeur Nature, mené en troisième année, occupe une place particulière. En travaillant sur la trame noire — un enjeu écologique et urbain lié à la pollution lumineuse — elle réalise une série d’illustrations exposées sur la passerelle du parc du Heyritz, à Strasbourg. Une première confrontation à l’espace public formatrice, où elle voit ses images évoluer dans le temps, dialoguer avec le paysage urbain et les passant·es, permettant à sa pratique de s’inscrire durablement.

Autonomie et professionnalisation

Décrivant un enseignement riche et stimulant, Ethel Serer souligne l’ambivalence qu’implique l’autonomie offerte par l’école : « Il faut avoir un profil assez autonome pour en profiter pleinement », observe-t-elle. « Les nombreux ateliers et techniques disponibles ouvrent un vaste champ de possibles, à condition de savoir s’organiser et hiérarchiser ses envies. En contrepartie, les moyens mis à disposition au sein de l’école permettent de produire des projets aboutis, proches des réalités professionnelles, et directement valorisables dans un portfolio. »

Cette dimension professionnalisante s’avère déterminante par la suite. Les projets menés en partenariat réel lui permettent de se constituer un solide book professionnel, précieux support lorsqu’elle se lance à l’issue de ses études.

Du freelance à l’expérience muséale

Après un an d’activité indépendante, Ethel Serer choisit de reprendre ses études en intégrant le mastère spécialisé Designer d’expériences immersives, interactives et ludiques, dispensé en alternance par le Cnam ENJMIN et les Gobelins Paris. Elle y occupe aujourd’hui un poste de game designer au sein d’une entreprise développant des jeux vidéo en réalité virtuelle, tout en poursuivant son activité freelance.

Parmi ses actualités récentes, elle travaille actuellement sur une illustration murale pour l’exposition « À l’État Sauvage », organisée conjointement par le MAMCS et le musée zoologique de Strasbourg. Visible du 13 février 2026 à début janvier 2027, l’œuvre dialogue avec l’un des animaux naturalisés emblématiques de l’exposition.

Partage et transmission

Dans sa pratique actuelle, les problématiques et notions abordées au sein de l’atelier restent omniprésentes : l’accessibilité, la transmission d’un message par l’image, les dispositifs ludiques, l’adaptation aux publics.
Aux futur·es étudiant·es, elle conseille de se renseigner avec attention sur les différents ateliers avant de candidater, pour consulter des travaux existants et pouvoir se projeter : « Le choix de l’atelier est déterminant », insiste-t-elle. « Les disciplines enseignées et les méthodes pédagogiques sont très différentes d’un atelier à l’autre. Il est donc bon de cibler tôt ce que l’on attend de la formation, quitte à laisser sa pensée évoluer par la suite. »

Plus largement, elle conseille d’adopter une démarche d’expérimentation et de remise en question, y compris — et surtout — lorsque les projets n’aboutissent pas comme prévu. Créativité, adaptabilité, curiosité et organisation constituent selon elle les compétences clés pour évoluer dans les métiers de l’art, du design et de la communication. Des qualités qu’elle incarne dans un parcours en mouvement, où l’image n’est pas figée.


Mis en ligne le 10 février 2026