Comment le design peut-il influencer positivement les négociations de paix ? Voici la question que la cellule d’innovation de l’ONU (Department of Political and Peacebuilding Affairs) a posée aux étudiant·es en année 3 Design. Le 6 mai 2022, ces dernier·es ont présenté leurs projets aux membres de la cellule lors d’une visioconférence Mulhouse-New York.

Le projet « Negotiation Space » a été initié en 2021 par Nathalia Moutinho, professeure de Design à la HEAR à Mulhouse, et Benjamin Cutivet-Løzninger, ancien étudiant de la HEAR aujourd’hui consultant Design Lead & Visual Thinking à la cellule d’innovation de l’ONU. L’objectif pédagogique ? Penser un objet au travers de l’expérience spatiale et par la corrélation entre le lieu et ses usagers.

Suite à un workshop avec le chorégraphe Matias Tripodi centré sur le tango en tant que lieu de négociation symbolique au sein du duo et par rapport à l’espace et après plusieurs mois de réflexion autour de la question de l’espace de négociation, les treize étudiant·es impliqué·es dans le projet et accompagné·es par les enseignantes référentes Nathalia Moutinho (Design) et Zoé Inch (Anglais) ont présenté leurs travaux, dans la langue de Shakespeare afin de dialoguer avec leurs interlocuteurs internationaux.

What remains after (Suzanne Tahte-Aslahe et Léo Barbotin)

Que reste-t-il après un débat ? En utilisant des graphiques (en points ou en lignes) basés sur les opinions exprimées lors des débats et répertoriées grâce à un système de notation à deux valeurs (l’adhérence au propos et sa clarté), Suzanne et Léo ont proposé de créer des agencements (intérieurs ou extérieurs) symbolisant la teneur des débats.

Soothing lights (Henriette Aupy, Déborah Biegala et Mélissa Crepu)

Il est difficile de rester le/la plus objectif·ve possible durant une négociation si l’on est parasité·e par une kyrielle de pensées ou préoccupations diverses. Henriette, Déborah et Mélissa se sont emparées de ce constat et ont designé un espace de détente permettant de faire le vide avant d’entrer dans la salle de négociation. Cet espace isolé serait pourvu de mobilier et d’ambiances lumineuses facilitant la relaxation et la décompression.

(cir-)conference (Noa Rhon, Emma Trorial et Andrée Uranga Guttierrez)

« Avant certains débats, on sait ce qu’on va faire, on sait ce qu’on va dire. » Afin de casser cette dynamique, de rendre à chaque négociation son unicité et donc d’impliquer les participant·es de manière optimale, Noa, Emma et Andrée ont conçu un mobilier coloré et lumineux ayant la particularité d’être emboîtable et ajustable en fonction des envies. Par un système d’accroche, les tables pourraient en outre être « rangées », le mobilier devenant alors œuvre murale.

Alcôve (Marine Bosi, Marine Faroud-Boguet et Fabien Neisius)

L’Alcôve est un espace amovible, sans fonction attitrée, pensé par deux Marine et Fabien pour être soit une œuvre d’art en soi, soit une véritable salle de rencontre, formelle ou informelle. Une espèce de bulle secrète, en verre fumé ou en plexiglas translucide, pouvant être installée au moment opportun là où le besoin s’en fait sentir.

Multiplie (Lydie Serret et Timothe Orloff)

Lydie et Timothe ont quant à eux proposé d’intégrer dans les locaux de l’ONU des espaces modulables sous forme de cabines insonorisées. Composé de panneaux agençables à l’envi (agrémentés d’étagères, porte-documents, écrans, etc.), cet outil nomade permettrait une adaptation quasi-instantanée aux besoins ponctuels des personnes travaillant à l’ONU (examens de dossiers ou appels internationaux confidentiels, par exemple).

L’originalité et la pertinence des propositions ont été soulignées par les membres de la cellule d’innovation, qui ont également salué l’implication des étudiant·es dans ce projet. Bravo à elles/eux !

Site de la cellule d'innovation de l'ONU
Lire le portrait d'ancien étudiant dédié à Benjamin Cutivet