Strasbourg, TAPS

Faire entendre et faire circuler les textes de théâtre actuels, les confronter au public, inviter leurs auteurs-es à être à la fois les témoins et les parties prenantes de ce moment si particulier, favoriser les échanges et partager des émotions : tel est le principe d’ACTUELLES, ce temps fort de la saison du TAPS dédié aux écritures dramatiques.

Le principe est toujours le même : cinq pièces sont sélectionnées par les artistes associés (Aude Koegler et Yann Siptrott cette saison) en collaboration avec le comité de lecture du TAPS. Ils les confient ensuite à des directeurs-trices de lecture qui constituent leur équipe d’interprètes pour assurer la mise en voix, et de musiciens-nes pour composer la partition sonore.

Chaque soir, un texte est ainsi présenté au public, dans une forme simple privilégiant le rapport direct entre les artistes et les spectateurs. Cinq équipes d’étudiants-es de l’atelier Scénographie de la HEAR, accompagnés par leurs enseignants et l’équipe technique du TAPS, prennent en charge la mise en espace de chaque lecture, tandis que le cuisinier Olivier Meyer (Kuirado) concocte des mises en bouches inspirées par les textes et dégustées au fil de la soirée. Des étudiants en dramaturgie de la section Arts du spectacle de l’Université de Strasbourg composent les feuilles de salle et proposent, pour chacun des textes, des pistes de réflexion singulières.

— mar. 20 mars : La loi de la gravité (Olivier Sylvestre)
La loi de la gravité, c’est l’histoire de Dom et de Fred, de l’année de leurs 14 ans, de leur rencontre en haut de la falaise et surtout d’une amitié qui sera profonde comme le fleuveà Presque-La-Ville. Dom et Fred trouvent en l’autre un refuge contre le monde où la norme tue. Au travers des trahisons que subit Fred et d’une histoire d’amour qui ravage Dom, se profile la quête d’un genre à soi, unique, qu’on doit imaginer, pour mieux vivre.

— mer. 21 mars : Mon nom est rom (Claire Audhuy)
Une nuit. Infiniment trop longue pour Fils benjamin et Fils cadet qui veulent mordre l’honneur. Bien trop courte pour Fille qui voudrait tout réparer avec Père. Il est déjà trop tard pour Mère : à force de ne rien dire, on devient muet pour de bon. Quant à Fils aîné, il ouvre grand les fenêtres de l’univers.

— jeu. 22 mars : Gamètes (Rébecca Deraspe)
Quand Aude apprend que l’enfant qu’elle porte au creux de son ventre depuis 16 semaines a un chromosome de trop, elle se réfugie chez Lou, son amie d’enfance. La collision entre les deux femmes est brutale, et la question qui jaillit est forte et redoutable : est-ce qu’en mettant au monde un enfant handicapé on tire un trait sur un « soi » épanoui dont la société pourrait être fière ?

— ven. 23 mars : Le Mensonge du singe (Christophe Tostain)
Un homme habite dans un pavillon, dans une zone péri urbaine. Il ne sait pas comment il en est arrivé là. Il y a dans sa mémoire une zone d’ombre qu’il ne parvient pas définir, à comprendre. Il se promet qu’il va sortir de sa léthargie, traverser le lotissement et atteindre la passerelle qui traverse le périphérique. En disant cela, il se persuade que c’est la seule échappatoire pour recouvrer sa mémoire et s’extraire de la standardisation dans laquelle il s’est éteint.

— sam. 24 mars : Delta Charlie Delta (Michel Simonot)
Un soir d’octobre. Trois enfants courent parce que la police court derrière eux. Ils se réfugient dans un transformateur. Deux des enfants meurent. Des semaines d’émeute s’ensuivent. Dix ans plus tard, un tribunal reconstitue les faits. Dix ans plus tard, le survivant est encore et toujours celui qui porte dans sa peau les deux enfants morts. Au-delà des faits, au-delà des mots entendus, Delta Charlie Delta déploie, à travers une forme chorale, une force symbolique et inscrit l’engrenage, la culpabilité individuelle et collective, dans une dimension humaine, éthique, politique.

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