Quatre plasticiennes et un musicien de la Haute école des arts du Rhin ont vu leurs travaux et excellence récompensés en cette fin d'année scolaire 2017. Deux étudiantes du site d'arts plastiques de Strasbourg et deux du site de Mulhouse se sont partagées les prix décernés : Prix du meilleur mémoire, Prix Communication, Prix Design et Prix Art. Le Prix Musique revenant à un pianiste de l'Académie supérieure de musique de Strasbourg - HEAR.

  • Qëndresa Ukëhaxhaj : prix Design de la ville de Mulhouse

Ce sont ses tissages faits de corde et de collant, inspirés de sa culture natale du Kosovo, qui font de Qëndresa Ukëhaxhaj la lauréate du Prix Design 2017. Arrivée à l’âge de 15 ans en France, la jeune femme diplômée en Design textile (site d’arts plastique de Mulhouse), continue de se rendre régulièrement dans son pays d’origine durant ses années d’étude à la HEAR. Elle découvre lors de ses nombreux voyages, une richesse textile dans la culture populaire rurale du Kosovo mais aussi au sein de sa famille. « J’ai été fortement influencée par la richesse du savoir-faire et l’intelligence des gestes de ces pièces textiles », confie la jeune femme.

C’est ce « tissage » de cultures qui amène Qëndresa Ukëhaxhaj à tisser ces matières et à produire des objets hybrides. « J’ai toujours travailler avec des collants, c’est une matière qui m’intéresse beaucoup,  par son élasticité, par sa fragilité mais en même temps par sa force lorsqu’on la travaille ». L’association de la corde et de la matière donne une surface textile intéressante qui pousse la jeune designer textile à questionner les usages et basculer vers des objets design.

Composition du jury : Azzedine Boufrioua, conseiller municipal de la ville de Mulhouse, Guillaume Delemazure, architecte, Frédérique Olland, administratrice adjointe de la Haute école des arts du Rhin.

  • Elise Grenois : prix Art de la ville de Strasbourg

Le Prix Art 2017 revient à Elise Grenois, diplômée en Art-objet verre (site d’arts plastique de Strasbourg), qui présentait deux installations. Intéressée par l’idée de conservation et de donner une temporalité aux choses, la jeune femme a fabriqué des poissons en cristal, cendre et os à l’aide d’un processus « qui s’apparente à un rituel crématoire ». La substance organise de ces vrais poissons s’est substitué au cristal alors qu’ils sont passés en haute température dans un four.  « J’aime jouer avec les projections mentales du spectateur : ces poissons ne sont pas censés exister, mais ils sont là, sous nos yeux. Mon travail tend à conserver les choses, à leur donner une temporalité », explique-t-elle.

Elle présente également une série de jarres en paraffine, objet symbolique en Corée où elle effectue un voyage d’un an. Elle fait un moulage de cet objet, l’envoie par bateau (périple qui durera 3 mois) et le retrouve déformé. Au lieu d’être une simple reproduction, ce caractère de déformation rend l’objet plus singulier : « les jarres ont continué à se déformer avec la chaleur de la salle , elles sont détruites après chaque exposition et re-moulées par la suite », explique Elise Grenois.

Composition du jury : David Cascaro, directeur de la Haute école des arts du Rhin, Gabrielle Kwiatkowski, direction de la culture – Département des arts visuels, Ville et Eurométropole de Strasbourg, Alexandra Stäheli, directrice atelier mondial (Bâle)

  • Caroline Amadei : prix du meilleur mémoire

Diplômée en Design graphique (site d’arts plastique de Mulhouse), Caroline Amadei remporte le Prix du meilleur mémoire 2017. Dans son travail, elle se penche sur la frontière entre unique et commun, personnel et impersonnel, privé et public. Inscrite dans un rapport intime et sensible au monde, elle poursuit « avec ardeur la latence ». Consciente que le désir naît dans l’absence et dans l’attente, Caroline Amadei se nourrit du prétexte pour le provoquer.

Elle travaille sur la carte postale, « symbole de l’ailleurs à ses débuts, transformé en l’avatar populaire d’une société occidentale de loisir« , pour son mémoire distingué par le jury. « Certains mots sont plus excitants à écrire sur une carte postale que tout le monde pourrait lire, qu’à chuchoter au creux d’une oreille dans l’intimité », explique Caroline Amadei.

Composition du jury : Diane Watteau, maître de conférences en Arts plastiques à Paris 1, Panthéon-Sorbonne, Estelle Pagès, directrice Adjointe, Directrice des études d’arts plastiques à la Haute école des arts du Rhin et Anne Immelé, Enseignante à la Haute école des arts du Rhin

  • Lucile Martin : prix Communication de la ville de Strasbourg

Diplômée en Communication graphique Lucile Martin pratique le graphisme sur différents médias, notamment textiles et éditions. « Le travail graphique prend une autre dimension sur textile, cette matière flottante, légère, portable, exposable, accrochable », explique la jeune artiste. Admettant une pratique ambigüe entre art et graphisme, Lucile Martin explique cette ambivalence par ses choix de thématiques « existentielles », à savoir le primitivisme et la science-fiction.

Elle présente lors du weekend des diplômes une pièce inspiré d’un tissu traditionnel d’Afrique de l’Est, le Kanga, qu’elle veut moderne, du futur. « Dans l’idée de poser tous les pays à la même échelle, j’ai utilisé tous les drapeaux officiels du monde, qui sont symboles de frontière, de limite, de territoire, d’état, etc. Je les ai re-dessinés en noir et blanc et appliqués sur une grille, qui participe à l’idée du motif et qui rappelle la longitude et la latitude que l’on retrouve sur les maps terrestres », explique Lucile Martin. Elle présente également un atlas qui raconte à travers 91 films de SF comment le genre cinématographique image et imagine un retour à l’homme nu et au « bon sauvage », comment la SF prospecte le passé pour habiter le futur, comment deux notions antonymes que sont le passé et le futur se rencontre dans un carrefour de fantasme esthétique ?

Composition du jury : Camille Giertler, attachée de direction – Musées de la Ville de Strasbourg, Estelle Pagès, directrice des études d’arts plastiques à la Haute école des arts du Rhin et Philippe Schweyer,  Mediapop éditions

  • Mathieu Bréchet (piano) : prix Musique de la ville de Strasbourg

Né à Mont-de-Marsan (Landes), Matthieu Brechet débute ses études musicales au conservatoire de Bordeaux où il y obtient quatre Diplômes d’études musicales : piano (classe d’Hervé N’Kaoua), formation musicale, écriture et contrepoint et musique de chambre. Il y étudie aussi l’accompagnement, la composition, le jazz et le cor d’harmonie.
Poursuivant ses études au Pont Supérieur de Rennes dans la classe de Ludovic Frochot, Matthieu Brechet y obtient sa licence de musicien interprète (DNSPM). En 2015, il entre en master d’interprétation à l’Académie supérieure de musique de Strasbourg – HEAR dans les classes de Laurent Cabasso et Michel Gaechter. Il y valide son master avec la mention Très bien. Il rédige dans ce cadre un mémoire autour de l’œuvre du compositeur Morton Feldman, sous la direction d’Alessandro Arbo. Tout au long de ses études, il a pu bénéficier des conseils de Bruno Rigutto, Boris Berman, Pascal Devoyon, Emmanuel Mercier, Florent Boffard, Rikako Murata… En 2014, il obtient un premier prix au concours Claude Kahn dans la catégorie Supérieur.


Légendes des photos :

    1. Portrait Elise Grenois / © Alexandre Schlub
    2. Portrait Caroline Amadei / © Alexandre Schlub
    3. Remise du Prix Communication à Lucile Martin /© Alexandre Schlub
    4. Portrait Matthieu Bréchet / © Tony Trichanh
      Légende home : Elise Grenois, Espace Intermédiaire n°3, 2017, cristal cendre os, 10 x 40 x 8 cm

      Manque : Qëndresa Ukëhaxhaj