Cette édition est réalisée en dialogue avec l’exposition d’Hervé Youmbi sans en être à proprement parlé le catalogue. Elle est le résultat d’un workshop réalisé sur un an avec l’artiste, workshop qui s’inscrit comme l’une des activités de l’unité de recherche FAIRE-MONDES, autour de la « biographie sociale des objets ».

Le workshop avec Hervé Youmbi a permis d’éclairer des changements d’états traversés par les enjeux post-coloniaux, et deux formes de grammaires sociales supposément déconnectées l’une de l’autre, à savoir le rituel et l’exposition. Grâce à son travail autour de certaines œuvres qui apparaissent alternativement comme masque ou comme sculpture, tantôt « chargées » ou « déchargées » (à moins qu’elles ne fussent toujours chargées, quoique de manière différente…), se produisent des écarts critiques avec les catégories d’une histoire et d’une théorie de l’art trop européo-centrée.

C’est en partant de ces questions que les étudiants ont engagé des productions plastiques dont la restitution a d’emblée été imaginée sous la forme d’une édition, alternant des séances de travail théorique en présence de l’artiste, la visite du Musée Vaudou de Strasbourg et des rencontres dans le cadre du séminaire Technoscapes durant lesquelles étudiants ont développé leurs projets.

La présente édition est le fruit de l’ensemble de ces activités accompagnant l’exposition d’Hervé Youmbi, avec laquelle elle forme un dialogue en trois parties. Un texte de l’artiste et le montage visuel intitulé Scream masks tiennent lieu d’ouverture générale (FROM YOUMBI). Viennent ensuite trois contributions théoriques situant sa démarche dans un contexte plus large (AROUND YOUMBI), et enfin le volet relatif au workshop, présentant les propositions artistiques des étudiants impliqués (BEYOND YOUMBI).

Les contributions théoriques de la partie centrale (AROUND YOUMBI) mettent en perspective le travail artistique de l’artiste, et éclaire des points de notre axe de recherche : un texte de Silvia Forni[1], initialement paru en 2016 dans la revue African Arts (vol. 49, n°2), lequel examine en détail la manière dont l’artiste articule différentes dynamiques sociales dans un équilibre culturel instable. L’étude de Dominique Malaquais[2] parue également en 2016 dans la revue Cahiers d’Études Africaines (n°223), interroge quant à elle les enjeux institutionnels et la violence structurelle du marché de l’art, à travers cette dialectique entre les régimes de l’agentivité visuelle et de la marchandisation qui traverse l’œuvre de l’artiste. Pour clore cette partie, un texte de Julien Bondaz[3], rédigé spécialement pour cette édition, propose d’envisager la manière dont le travail de l’artiste déconstruit l’illusion d’une linéarité biographique des objets, et ré-articule histoire des arts africains et européens à propos du processus d’artification.

[1]      Silvia Forni est conservatrice (arts et cultures d’Afrique) au Musée Royal de l’Ontario, et professeure associée à l’université de Toronto.
[2]      Dominique Malaquais est chargée de recherche au CNRS, membre de l’Institut des Mondes Africains (IMA).
[3]      Julien Bondaz est maître de conférences en anthropologie à l’université Lyon 2, membre du Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux Contemporains (LADEC).

(mis en ligne le 02.04.2019)


Présentation
ISBN 979-10-95050-14-8 Février 2019
Imprimé par Estimprim, 250 exmplaires,
148 pages
Editions de la Haute école des arts du Rhin