La HEAR est l’un des deux Centres de formation des plasticiens intervenants (CFPI) en France. Son objectif est d’apporter à ses stagiaires d’origine diverse une formation complémentaire fondée sur l’acquisition de compétences didactiques, d’une méthodologie pour l’analyse critique des institutions et de capacités réflexives appliquées au monde contemporain. Présentation de la promotion 2019–2020.

Liberty Azenstarck
« Après des études en lycée professionnel à Paris, j’ai rejoint des potes à Angoulême pour faire de la micro-édition. Je suis tombée amoureuse. J’ai fait un enfant, à Paris. J’ai découvert que je n’étais pas faite pour être mère au foyer dans le Haut-Doubs. Je suis détombée amoureuse. J’ai repris mes études aux Arts Déco de Strasbourg. J’ai obtenu mon diplôme. J’ai été monitrice de l’atelier de sérigraphie. J’ai multiplié des boulots dans le milieu scolaire. J’ai monté Mi-figue mi-raisin, une micro-édition de livres sérigraphiés pour enfants ou adultes, à systèmes originaux et à double sens. Je travaille sur les lectures participatives, les manipulations ludiques et l’absence du personnage. »

Instagram : @libertyazenstarck

Marion Even
Plasticienne et factrice de masques, Marion Even travaille entre Paris et Strasbourg et est diplômée d’un DNSEP Design à l’EESAB Rennes. Après avoir été accessoiriste pendant 8 ans, elle a encadré durant 5 ans la facture de masques dans l’atelier de l’association Paris-ateliers. Elle réalise des masques pour le spectacle vivant et d’autres événements et a été nommée aux Molières 2016 dans la catégorie création visuelle pour son travail de masques sur le spectacle « La Dame blanche ». En parallèle, sa pratique se concentre sur les masques et leurs fonctions : ainsi que les diverses problématiques qu’ils mettent en mouvement : la présence et la vie dans l’objet, la visagéité, l’identité, l’altérité, la différence, le rituel et notre relation à l’autre.

www.marioneven.net
Instagram : @marion_even_atelier
contact@marioneven.net

Déborah Gabeloux
Fraîchement diplômée de la HEAR à Strasbourg, Déborah Gabeloux est à la fois peintre et hôtesse d’accueil au stade de la Meinau. Son travail est celui de portraitiste. Elle peint sa famille, chiens et footballeurs de l’Équipe de France compris. Son support est le wax — ce tissu dit « africain » car il est destiné à ce marché mais traditionnellement néerlandais et imprimé selon des techniques indonésiennes — tendu sur châssis, libre ou sous forme de vêtements. Les sujets de ses toiles et les motifs foisonnants des tissus se mêlent et s’emmêlent, quitte à absorber les figures parfois. À ce jeu entre wax et personnages, s’ajoutent d’autres éléments avec lesquelles Déborah s’amuse et qui viennent orner ses portraits en majesté : plumes, paillettes, sequins, fausses pierres précieuses ou encore photographies.

Instagram : @deborahgabeloux

Madiana Kané Vieyra
« Je dessine, je peins, je parle, je filme, il m’arrive de fabriquer des marionnettes. Chaque fois, c’est pour conter des histoires où les vides ont une place, et ou les corps choisissent leur forme en fonction de leur humeur. Sur des êtres qui comme moi, cherchent quelque chose, et ne savent pas quoi, et dont l’histoire commence là. Raconter les silences parce qu’ils comptent, narrer les invisibles parce qu’ils sont là aussi, et tendre vers la (re) narration consciente, pour choisir ce que l’on veut voir exister. »

Instagram : @iana_mad

Jean Laniau
Suite à un travail théorique réalisé sur le cyberactivisme à l’ère des Trump/Macron et s’attardant sur la question de l’efficacité rhétorique des formes graphiques en contexte militant, je me suis penché sur le langage visuel lié à la cause écologique. Durant mon diplôme de fin d’études récemment obtenu à la HEAR en Communication graphique, je me suis attelé à la conception de l’identité graphique d’un groupe d’étudiants nommé le « Manifeste étudiant pour un réveil écologique » ainsi qu’à celle d’un projet de journal contenant des unes spéculatives liées au désastre écologique. Je traite de nombreux autres enjeux sociétaux à travers des formes plastiques très variées telles que l’édition, la vidéo ou l’illustration.

Instagram : @jean.laniau

Kelly Molon
Artiste, diplômée de l’École Supérieure d’Art de Lorraine, elle vit et travaille à Strasbourg. Son travail se nourrit d’expériences qu’elle vit avec des jeunes et des relations qu’ils entretiennent à leurs habitats. Elle y développe des « tentatives » au sens de Fernand Deligny. Terrain de jeu et d’émancipation, c’est à travers des constructions et l’écriture qu’elle remet en perspective les contraintes du lieu et de sa circulation. L’image de la cabane revient souvent. Il y a l’idée de jouer avec le risque. Petit à petit, des gestes qui tendent à remuer l’ordre. Le provoquer, le bousculer. Créer des brèches, afin d’y trouver sa place.

Instagram : @kellymolon
kelly.molon@orange.fr

Cynthia Montier
Artiste chercheuse, diplômée de master du département des arts visuels de l’Université de Strasbourg et de maîtrise du département de recherche-création à l’Université du Québec à Chicoutimi, Cynthia Montier développe une pratique d’abord sociale et dialogique, en prise directe avec des terrains de pratique quotidiens : espace privé, espace entreprenarial, espace de loisir, espace social, espace public, espace intime, espace occulte. Entre norme et marges, sa pratique s’attache à réactiver ou à réinitier des espaces de jeu para-normaux ; des stratégies, méthodologies, protocoles et rituels alliant résistance et magie. Souvent inspirés des logiques entreprenariales et libérales et des conditions des travailleur·se·s contemporain·e·s, les chantiers qui lui font office de levier s’organisent avec la complicité des acteur·trice·s des contextes dans lesquels elle s’implante. Elle prend place par le biais de gestes souvent précaires : interventions furtives, dispositifs clandestins, résidences invitées, visites négociées, entretiens conversationnels, jeux de déplacements, micro-éditions collaboratives.

cynthiamontier.github.io
Instagram : @cynthia.montier
archipels.org/tables/indiscipline-s-oeuvriere-s

Sidonie Osborne-Staples
L’artiste naît à Londres en 1993. Diplômée de la HEAR en 2017, elle enquête à travers ses œuvres, sur la démultiplication du point de vue narratif et sa spatialisation. Elle expérimente la mise en récit de la peur, des innombrables mécanismes audio-visuels et théâtraux qui lui permettent d’exister, qui nous permettent de la subir ou de s’en délecter. Elle tente de démanteler les réalités de ses propres peurs et angoisses, avec un certain recul, de l’humour, avec pour objectif de les exorciser, et de proposer une interprétation palpable qui pourrait refléter des craintes plus universelles.

Raphaël-Bachir Osman
Diplômé de la Haute école des arts du Rhin à Mulhouse, Raphaël-Bachir Osman vit et travaille entre Mulhouse et Berlin. Il développe un travail plurimédia qui interroge avec dérision la notion d’originalité, le processus de création, d’exposition et de montage d’une oeuvre. ll joue avec les matériaux et les codes de présentation en associant des éléments autobiographiques et une certaine magie de l’ordinaire. Sa pratique s’étend de la peinture à l’installation. Il est également co-directeur de Erratum Galerie, un artist-run-space situé à Berlin.

erratumgalerie.de
Instagram : @raphael_bachir_osman

Héloïse Pierre-Emmanuel
Diplômée de la HEAR Strasbourg en 2014, Héloïse Pierre-Emmanuel mène une recherche artistique mêlant écriture, dessin, vidéo, installation. Dans une démarche phénoménologique, son attention se porte sur les manifestations du réel, des plus petites aux plus grandes. Ses récits, films, installations sont tour à tour l’expression d’une expérience quasi-charnelle avec la matière du monde, la mise en forme d’une image poétique, surgie au détour d’une lecture, le fruit de la collaboration avec un autre vivant…

palimpseste.org
www.heloise.pe
Insta : @heloise.pierreemmanuel

Émilie Thieuleux
Diplômée des Beaux Arts de Bordeaux, Emilie Thieuleux est illustratrice et designer graphique. Son trait est son moteur de réflexion, et lui permet d’extraire des éléments d’un contexte pour le mêler à d’autres, afin de créer de nouvelles combinaisons à travers la sérigraphie, les applications numériques, les livres, ou encore les fresques murales. Elle interroge ainsi son rapport au support remettant en question son approche graphique tout en conservant l’émotion transmise par la pensée. Pour chaque projet, elle tente de déceler sa singularité à travers une recherche méticuleuse et poétique.

miloeillustration.fr
Instagram : @_miloe

Sophie Usunier
Sophie Usunier revisite des images, des sons, des objets qui peuplent notre quotidien, elle met en évidence ce qu’on ne regarde plus. Elle démultiplie, accumule, intensifie, de manière à déstabiliser les croyances et les archétypes sur lesquels notre société s’est construite, comme si la densité de la matière visuelle, sonore, sensorielle en général, communiquait quelques chose d’essentiel. Au travers un travail pluridisciplinaire, elle tente de tisser du lien. Des notions comme le rapport de l’humain à la Nature, ou au langage émergent, nos propres limites à percevoir et notre façon d’interpréter nous fait migrer au-delà de ce que l’on croit connaître et nous plonge dans un espace aussi bien physique qu’imaginaire, toujours mouvant. Vit et travaille principalement entre Metz et Milan.

sophieusunier.com

(mis en ligne le 10.09.2019)