Kathleen Jahn, artiste conceptuelle allemande a investi son atelier mis à disposition par la HEAR pour une résidence de 3 mois, dans le cadre des résidences croisées Strasbourg / Stuttgart. Elle y développe un travail nommé STIPENDIUM depuis le 30 octobre et jusqu’au 30 décembre 2022.

Kathleen Jahn est actuellement à la HEAR, où elle dispose de l’atelier “Le cube” mis à sa disposition au 4e étage du bâtiment “Arts décos”, site d’arts plastiques de Strasbourg. En collaboration avec l’école, elle a entrepris de réaliser un projet combinant arts visuels et musique. Son travail se situe dans le champ de l’art conceptuel et utilise principalement le medium de la photographie noir et blanc. Elle travaille souvent en séries ou séquences. Les images sont assemblées en séquences narratives d’images ou de blocs d’images qui fonctionnent comme des partitions visuelles musicales.
Dans son travail, il y a un franchissement des frontières entre les différentes formes d’expression artistique. Elle tend à non seulement créer une image, mais de la littérature et de la musique. Ainsi, certaines des partitions d’images “composées” par Kathleen ont été interprétées par des musicien.nes à plusieurs reprises dans le passé. Son travail photographique “Disappunto” s’est vu réalisé musicalement sous la forme d’une sculpture sonore électronique dans le cadre d’un projet d’orgue dans une salle paroissiale et d’une exposition d’art. Selon elle, “une partition graphique offre la possibilité d’une grande liberté et diversité d’interprétation !”

Kathleen a abordé sa résidence à la HEAR avec l’envie de donner aux étudiant.es musicien.nes un aperçu de son travail artistique, en particulier les partitions d’images photographiques. Elle leur a présenté ses réflexions créatives sur les partitions graphiques lors d’une conférence, sujet passionnant, qui de manière créative combine l’image et le son. Son envie ? collaborer avec de jeunes musicien.nes de l’école en vue d’une interprétation musicale d’une de ses compositions picturales !
Elle a candidaté à cette résidence à Strasbourg, car également très intéressée par Le salon de musique de V. Kandinsky de 1931, dont une réplique est visible au MAMCS. Elle décrit ainsi cette pièce : “Les murs de tuiles sont recouverts de formes abstraites rythmiques, rappelant également des signes musicaux, et qui créent avant tout une ambiance musicale“, précisant que cet espace est une source d’inspiration dans la création d’une nouvelle partition photographique, une œuvre musicale/photographique dans l’espace. Elle se réfère à l’exemple de la grande pièce murale “Songlines” dans sa dernière exposition à la Kunsthalle Göppingen. C’est donc sous l’inspiration du “salon de musique”, qu’elle envisage de créer un espace produisant une ambiance musicale et qui traitera de ses parcours, promenades et déambulations à travers Strasbourg.
“Être sur la route est un élément essentiel dans mon travail photographique. En état de déménagement d’un endroit à l’autre, je trouve des thèmes et des questions. Mes images photographiques approchent les lieux de manière narrative, et la chaîne d’images poétiques se condense en un itinéraire. Lors de mon séjour à Strasbourg, je m’immerge photographiquement dans le paysage urbain en relation aux ambiances du lieu. Centre-ville et périphérie, nature et culture, l’histoire et le présent – il existe de multiples tensions et distorsions dans les paysages urbains. Elles sont la base de ma recherche photographique. Les œuvres photographiques qui en résulteront se déverseront alors dans une sorte de “salon de musique”, une musique de chambre, qui voudrait créer un “rythme strasbourgeois” avec des images photographiques. ” C’est ainsi qu’est né  Stipendium…
“Ces quelques semaines, les lignes du tram et leurs arrêts m’ont guidée à travers la ville de Strasbourg. Elles ne m’offraient pas seulement une orientation, mais faisaient aussi naître un rythme de mouvement. Le long du tram, j’ai créé une multitude de séries de photos, plus de 60 suites d’images narratives, que l’on peut aussi appeler Chants le long du tram. La plupart d’entre elles sont actuellement accrochées aux murs du Cube. L’arrangement des différentes photos m’a inspiré une nouvelle partition graphique, dont la conception est liée aux combinaisons d’images des différentes séries de photos strasbourgeoises.”

Kathleen Jahn se dit heureuse d’avoir pu donner un aperçu de son travail à des étudiant.es très intéressées. Elle a également eu de premiers contacts merveilleusement créatifs avec des musiciens qui ont spontanément improvisé des interprétations de certaines de ses partitions graphiques, comme “Disappunto” et “Faurndauer Tänze”. Une nouvelle collaboration est d’ailleurs en gestation, ce qui la réjouit beaucoup  !

 

Le site de Kathleen Jahn
Suivre son travail de résidence à Strasbourg
Ecoutez 3 interprétations musicales de sa partition illustrée Disappunto
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Josy Coutret • Publié le 1/12/2022