Qui peut se targuer d’avoir une exposition personnelle au Palais de Tokyo à 29 ans ? Lauréate du Grand prix du salon de Montrouge, Marianne Mispelaëre, diplômée de la HEAR en 2012, y est exposée du 16 février au 13 mai 2018.

Le premier mot qui vient à l’esprit après une discussion avec Marianne Mispelaëre sur son parcours, c’est « modestie ». Lorsqu’elle évoque son arrivée au Palais de Tokyo, l’installation de son exposition, l’équipe qui l’a épaulée, Marianne Mispelaëre admet « que peu de jeunes artistes ont l’occasion de vivre une expérience comme celle-ci », c’est pourquoi elle ajoute, amusée, « il ne faut pas que je m’habitue à ça ! »

Pourtant, on se permet d’en douter ! Marianne Mispelaëre est une acharnée de travail et multiplie les expériences auprès d’institutions culturelles. En 2012, encore étudiante à la HEAR, elle expose au FRAC Lorraine, puis au Centre Pompidou-Metz l’année suivante. Centres d’art, galeries, en France ou à l’étranger, Marianne Mispelaere saisit les opportunités pour faire connaître son travail.

Le dessin au cœur de la pratique

Au cœur de son travail se trouve le dessin, médium avec lequel elle « questionne les relations sociales, le langage et les systèmes de communication, le rôle du lisible et de l’invisible dans nos sociétés ». En plus du dessin, elle affectionne l’édition et développe une pratique de l’écriture.

Après 3 ans à l’école supérieure d’art de Lorraine, son intérêt pour l’édition conduit Marianne Mispelaëre à intégrer la Haute école des arts du Rhin en option Art-Objet, au sein de l’atelier Livre. Au sein de l’école, elle travaillera avec Anne Bertrand et, historienne de l’art et fera la rencontre de Stéphane Le Mercier, alors enseignant en Art qui travaille sur l’édition et affectionne le dessin abstrait, deux intérêts qu’ils partagent. Elle se tourne alors vers le groupe No Name (Art) pour travailler avec lui. « Stéphane [Le Mercier] arrive à capter ton univers propre » explique la jeune artiste, « il n’essaye pas de te diriger vers son terrain, mais cherche vraiment à trouver et développer ta pratique personnelle. Il m’a vraiment transmis une ouverture artistique ».

Maison d’édition

À côté de sa pratique artistique et motivée par son amour pour l’édition, Marianne Mispelaëre a lancé, avec deux anciennes camarades de la HEAR – Audrey Ohlmann et Nina Ferrer-Gleize –, Pétrole éditions, basée à Strasbourg. Chaque année, elles publient Talweg, une revue qui requestionne ce qui constitue un livre, aussi bien sur le fond que la forme, avec à chaque fois une thématique que décortiquent des artistes, des professeurs, des auteurs, etc.

Nous pourrions encore longuement détailler les projets passés et futurs de la jeune artiste, mais nous nous arrêterons là, simplement pour donner envie de découvrir son travail.


Le site internet de Marianne Mispelaëre

On vit qu'il n'y avait plus rien à voir, son exposition personnelle au Palais de Tokyo visible jusqu’au 13 mai 2018.