Pratiquer une danse pour améliorer son interprétation des pièces musicales liées, voici l’idée qui sous-tend l’offre des stages de danse baroque à l’Académie supérieure de musique.

Mais avant tout, c’est quoi la danse baroque ?

Sarabande, menuet, gigue… Entre la fin du 17e et le début du 18e siècle, la danse fait partie intégrante de l’éducation savante réservée à la classe aisée de la société. Ainsi, l’apprentissage des différents types de danses est quotidien et se fait grâce à des chorégraphies écrites (traités). Ces traités sont surtout axés sur les danses en duo, faites pour danser à la Cour, les solos et danses de groupe étant plutôt réservés au théâtre.

Cécilia Gracio Moura, enseignante de danse baroque intervenant à l’Académie depuis plusieurs années, résume ainsi : « À l’époque on assiste tou·tes ensemble mais on danse par deux. Il y a une grande exigence esthétique dans la tenue du corps et des postures. La danse baroque c’est le berceau de la danse classique. »

Les stages de danse baroque à l’Académie

Trois stages de deux jours, formant un bloc d’enseignement, sont dispensés durant l’année. Ils sont ouverts en priorité aux étudiant·es validant l’UE « Langages baroques » mais peuvent également accueillir des curieux·ses (dans la limite des places disponibles). On y danse, on y danse ! « Ces stages pratiques viennent compléter la formation théorique dispensée à l’Académie. », commente Cécilia. « Et ce n’est pas courant que des musicien·nes baroques pratiquent la danse ; c’est là l’originalité de ce cours : son ouverture. », ajoute Benjamin Steens, enseignant en claviers historiques et chargé de la partie théorique instrumentale.

Même si Cécilia veille à s’adapter à son groupe, les inscrit·es reçoivent un programme à l’avance afin de pouvoir préparer les séances : « L’idée est d’aborder tous les types de danses baroques afin de donner aux étudiant·es un aperçu le plus complet possible du répertoire. », explique-t-elle. « Nous avons des étudiant·es qui reviennent d’une année sur l’autre, qui sont moteurs dans l’avancée du groupe. Mais l’expérience de vivre ces danses est plus importante que le niveau acquis. », complète Benjamin.

Les étudiant·es y trouvent leur compte, sans nul doute. Renata Duarte, professeure de flûte à bec et hautbois baroques et coordinatrice du département de musique ancienne, en témoigne : « Les résultats sont flagrants ; en pratiquant les musicien·nes prennent conscience des contraintes et besoins des danseur·ses et leur jeu s’adapte. » Chez les nouvelles générations de musicien·nes, le lien entre danse et musique semble se recréer, pas à pas.

En savoir plus sur les stages de danse baroque

Trois sessions en 2021-2022 : les 20 et 21 novembre 2021, les 8 et 9 janvier 2022, et les 26 et 27 février 2022
Cité de la musique et de la danse — Strasbourg

Anaïs Jean • Publié le 24 janvier 2022
Crédits photographiques • Alexandre Schlub