Irina Flore est une designer multidisciplinaire : design de produit, industriel ou graphique, une pointe d’architecture et des installations d’art, elle est une touche-à-tout. Diplômée en Design (DNSEP en 2018), elle est aujourd’hui installée à Portland aux États-Unis où elle a fondé son propre studio.

L’enfance d’Irina Flore est bercée par le travail à la main et l’artisanat. « J’ai grandi dans une famille d’artisans. Mon père et mon grand-père étaient menuisiers, j’ai donc passé mon enfance dans leurs ateliers à créer des objets en bois ! Le travail manuel, l’artisanat et les traditions sont des choses précieuses pour moi qui m’ont dirigées vers le design » explique-t-elle d’entrée de jeu. Elle commence par des études de philosophie et de communication à l’université de l’Ouest de Timișoara en Roumanie, son pays d’origine. « Ces études m’ont aidée à mieux comprendre le monde qui m’entoure, mais aussi à prendre la décision de suivre ma passion première : le design. »

Stage

Irina Flore entre à la HEAR en 2014 pour se consacrer à cette passion. Très tôt, elle comprend l’importance de se professionnaliser. « J’ai commencé à travailler sur des petits projets de design dès la 3e année. Puis en 4e année, je suis allée en Allemagne pour effectuer un stage dans le studio de Sebastian Herkner. En tant qu’étudiant·e, il est parfois difficile de comprendre comment un·e professionnel·le travaille. C’est pourquoi ce stage a été une étape importante, il m’a aidée à comprendre et à décider quel est le parcours que je voulais suivre en tant que designer », poursuit Irina Flore.

Auto-entrepreneure

En Allemagne, elle travaille sur des projets d’envergure présentés dans le monde entier. « J’ai pu voir comment le dessin et le travail en 3D deviennent une installation ou un objet, j’ai appris à communiquer avec des entreprises ou des fabricants, etc. J’ai vraiment vu le processus du design de A à Z! » se souvient Irina Flore. À son retour à l’école, elle se lance en auto-entrepreneure et travaille sur des petits projets design. « Même si je ne gagnais pas beaucoup d’argent, la satisfaction et les retours que j’avais sur les projets étaient très importants » confie-t-elle.

Makers

Après l’obtention de son DNSEP en 2018, Irina Flore s’envole rapidement pour les États-Unis avec son compagnon chercheur. Ils s’installent à Portland dans l’Oregon sur la côte Ouest. La jeune designer trouve là-bas une culture du design totalement différente de celle qui prévaut en Europe. « J’ai découvert ici l’importance des “makers”, ces artistes, menuisiers, céramistes avec des ateliers dans toute la ville. La frontière entre le design, l’artisanat et l’art n’est pas bien définie ici. Le terme “makers” peut signifier à la fois une mamie qui fait des bricoles mais aussi un designer de mobilier diplômé des meilleures écoles de design », explique Irina Flore. « À côté de ça, la plupart des studios de design sont des agences de publicité, de branding, font du design d’intérieur ou de l’architecture, travaillent pour Nike, Adidas ou des entreprises de la Silicon Valley. » 

Nature

Dans ce monde du design Outre-Atlantique, Irina Flore prend le parti d’un univers inspiré par l’environnement et la nature qui l’entoure. « J’ai appris à regarder différemment et j’essaye de voir toutes les couleurs et la transformation dans la nature comme un paradis visuel » explique-t-elle. Elle présente en 2019 son projet « L’art de la table », une collection d’objets poétiques inspirés par cette nature qui lui est chère et destinés à mettre en valeur l’essentiel de la vie (lumière, eau ou nutrition). Le projet est sélectionné parmi les trois finalistes de Hot New Next à Vancouver au Canada (ndlr: compétition de design organisée par la revue de design Gray). « Le jury m’a suggéré de participer à Prototype, une autre compétition de design dédiée aux jeunes designers, au salon Interior Design Show. J’ai présenté L’art de la table… et remporté le prix Prototype 2019 ! » raconte Irina Flore.

Sens

Elle devrait présenter Sentire, une exposition sur les sens, à la semaine du design de Portland qui suit le voyage de cinq designers et artistes dans une exploration des processus créatifs et des cinq sens — la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher —. « Chacun étudiera et expérimentera un sens, à travers ses propres processus créatifs » explique Irina Flore, « l’histoire derrière un objet est souvent aussi importante que la pièce finie, l’exploration autour de chaque sujet sera affichée dans son ensemble à côté de l’aboutissement du travail de chaque créateur. Un spectateur ne voit souvent que le résultat final du processus de création, n’ayant aucune idée du temps, de la passion et des différentes voies potentielles qui y sont entrées ! » conclut Irina Flore. Initialement prévue au printemps, l’exposition devrait voir le jour à l’automne.


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