La HEAR opère depuis plusieurs années une transition écologique, en menant diverses actions. Recyclage, isolation, chauffage, etc., découvrez les différentes initiatives :

Comment prendre le virage « vert » dans une école d’art ? Forte du foisonnement d’initiatives de nature et d’ambitions différentes, la HEAR s’interroge sur les adaptations à apporter à son modèle pédagogique pour préparer l’établissement aux enjeux du monde de demain et contribuer à la mutation globale qu’implique la transition écologique. Petit à petit, années après années, plusieurs initiatives ont été lancées.

Gestion des déchets
« Nous avons mis en place le tri sélectif, aussi bien pour des déchets classiques (papier, carton, etc.) que pour des déchets plus spécifiques comme les déchets dangereux des ateliers gravure ou sérigraphie » explique Pascal Humbert, administrateur de la HEAR. L’école a noué un partenariat avec l’entreprise alsacienne de recyclage Schroll. « Elle collecte et valorise différents types de déchets tels que le plâtre, les gravats, le bois ou le verre » explique l’administrateur de la HEAR.

À titre de d’exemple, pour la période allant de juin 2018 à mai 2020, l’entreprise a récupéré 2,5 tonnes de plâtre, 1,5 tonne de gravats, 1 tonne de bois, près 1,9 tonne de verre. Schroll a également collecté près de 8 tonnes de déchets en vrac, ne rentrant pas dans les catégories précédentes.

Des initiatives étudiantes ont également vu le jour comme par exemple sur le site d’arts plastiques de Strasbourg la création d’une récupérathèque, La Pioche, qui a pour but de récupérer toute sorte de matériaux (bois, verre, métal, textile, papier) et d’en développer le réemploi.

À Mulhouse, les étudiant·es récupèrent pour les projets des rebuts de papier (en partenariat par exemple avec l’entreprise Lana Papiers). Dans un autre registre, des initiatives telles que la vente de vêtements en partenariat avec Emmaüs ou la préparation de repas organisée à partir des invendus du marché ont également vu le jour.

Bâtiment
Parfois, cela ressemble à de gros travaux. Affectataire de près 16 000 m2 de bâtiment, la HEAR a développé une politique de gestion immobilière durable qui se décline autour de différents axes.

« À Strasbourg, nous avons effectué un doublonnage des fenêtres de la façade sud du bâtiment historique », explique Pascal Humbert, « cela permet d’éviter une déperdition de chaleur, de maîtriser l’étanchéité et de mieux isoler le bâtiment ». L’école a également délaissé le gaz pour un énergie plus respectueuse de l’environnement.« Nous avons réussi à convaincre la Ville de raccorder le bâtiment au réseau de chauffage urbain. Nous sommes passés d’un chauffage au gaz à un chauffage au bois, local et collectif » poursuit Pascal Humbert. « Par ailleurs, nous avons lancé une étude pour limiter la durée d’exploitation des fours à gaz des ateliers verre et céramiques en la couplant avec des possibilités de récupération de chaleur ».

Toutes les sources lumineuses ont également été changées sur les sites d’arts plastiques de Strasbourg et Mulhouse pour les remplacer par des LED qui permettent une économie de consommation.

La HEAR a souhaité redonner de la place à la biodiversité aux abords des établissement, en développant notamment des niches écologiques à l’exemple du projet de renaturation du jardin du site d’arts plastiques de Strasbourg, l’organisation des flux de circulation des piétons et cyclistes, la sanctuarisation d’espaces naturels préservés de toute pression anthropique, la transformation du bassin en marre pour favoriser le retour des amphibiens, la mise en place d’un potager exploité en permaculture ou encore généralisation du zéro phyto…

Actions pédagogiques et recherche
En matière pédagogique, la prise en compte des préoccupations environnementales revêt également une étonnante diversité de formats, individuels ou collectifs.

« Nous remarquons que les projets de mémoire portant sur les questions écologiques sont de plus en plus nombreux : la résilience environnementale, le paysage, les glaciers, les mutations textiles, la place de l’animal sauvage en ville,… Idem pour les sujets de diplômes : les étudiant·es s’interrogent sur les fins du monde et du survivalisme, l’impact des productions graphiques et des designers graphiques sur l’environnement et le climat, le renouvellement des fibres textile et le biomimétisme ou encore la pollution générée par l’exploitation des gravières, la sensibilisation du public à une écologie générale » explique Pascal Humbert.

Les enseignant·es proposent séminaires ou journées d’étude sur ces sujets (problématiques liées à l’impact des activités humaines sur le climat ou la nature avec le groupe pédagogique No Name) ; des projets pédagogiques (création artistique dans un milieu naturel protégé, valorisation du patrimoine pétrolier alsacien à l’heure de l’économie décarbonnée, démantèlement d’une centrale nucléaire, etc.) ; des workshops ou résidences.

Le nouveau projet d’établissement voté en 2020 a été l’occasion de renouveler la volonté de l’école de faire de ces questions environnementales une de ses priorités.

(mise en ligne le 12 novembre 2020)