C’est à travers le volume et plus particulièrement la sculpture que Guillaume Barth raconte ses histoires. Diplômé de l’option Art en 2012, l’artiste voyageur voit le monde comme un terrain de recherches. Rencontre.

Guillaume Barth est un aventurier. « Je n’ai pas vraiment une pratique d’atelier. Mon atelier peut être partout, une forêt, un désert, le jardin, le bureau,  etc. », explique-t-il. Au gré de ses projets, de ses idées, l’artiste se confronte au monde. Que ce monde soit en Amérique latine, au Moyen-Orient ou dans une forêt alsacienne. Sa biographie le dit, « Guillaume Barth travaille dans différents pays ».

Architecture utopique

Avant cela, c’est vers l’architecture qu’il se tourne. « Quand j’étais étudiant en archi [ndlr : à l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg], j’étais toujours en train d’inventer une architecture utopique, la question des arts plastiques n’était jamais loin », raconte Guillaume Barth. Par la suite, quand il intègre la HEAR (alors École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg) en option Art dans le groupe pédagogique Equipe 1, dirigé par Manfred Sternjakob, Charles Kalt et Thomas Soriano, il utilise des notions apprises en école d’architecture dans ses projets artistiques.

La sculpture Elina illustre parfaitement cette approche. Derrière ce doux nom se cache une sculpture hémisphère de 3 mètres de diamètre, façonnée en 2015 à partir de briques de sel extraites du sol du Salar de Uyuni, le désert de sel situé en Bolivie. Cette sculpture en forme de planète imaginaire apparaît avec l’effet miroir de l’eau de pluie sur le désert et disparaît en quelques jours dans ce même élément eau.

Il publie en fin d’année 2018 un livre retraçant la genèse de ce projet (ndlr : en collaboration avec l’artiste Thomas Lasbouygues). L’ouvrage est introduit par un texte de Joachim Montessuis, artiste et enseignant à la HEAR et des clichés du photojournaliste François Klein. Véritable objet d’art à lui tout seul, ce livre est une invitation à la découverte du désert bolivien et un voyage dans l’univers de Guillaume Barth.

Introspection

Pierre Mercier, artiste et ancien coordinateur de l’option Art à la HEAR (alors École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg), a écrit un texte sur le travail de Guillaume Barth qu’il présente comme se construisant « sur une énergie intériorisée, […]charnelle, mais aussi métaphysique, pour s’inscrire dans une histoire élargie de la sculpture telle qu’elle se définit dans son acception postmoderne. Pour autant, ses travaux abordent des problématiques essentielles quant à la place de l’homme dans l’univers et de chacun dans l’espace social dans lequel il s’inscrit, ou dont il s’échappe ou voudrait s’échapper. » 

Le jeune artiste le confie lui-même, sa démarche artistique est d’abord un travail d’introspection, « avec beaucoup de secrets ». Ses histoires enfouies, ce regard intérieur, Guillaume Barth les retranscrit dans la réalité à l’aide de la sculpture et des installations. Cet état d’esprit introspectif, basé sur l’intuition font de lui cet artiste aventureux et globe-trotter. « Je pense que l’on devrait avoir à l’école des cours d’intuition, c’est vraiment important ! Il faut se faire confiance », conclut Guillaume Barth.

L’artiste est lauréat du prix de la Fondation Bullukian en 2017 et du prix Théophile Schuler en 2015. Il participe en 2016 au 61e Salon de Montrouge. Guillaume Barth était, entre autres, en résidence à l’Institut français de Stuttgart et à la Galerie Hoor Téhéran en Iran.


— Baccalauréat scientifique
— Deug 1 à l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg
— DNAP et DNSEP Art à la Haute école des arts du Rhin


www.guillaumebarth.com